Premier amour (prolongations)

Samuel Beckett

Présentation

Premier amour (prolongations) de Samuel Beckett
Date(s) :
du 5 sep 2017 au 30 sep 2017
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
à 19h30
Durée : 1h10

Samuel Beckett / Jacques Fontaine

Ce qu'on appelle l'amour, c'est l'exil avec de temps en temps une carte postale du pays.

Un homme est seul dans un endroit désert et familier.
Il se remémore son histoire.
Il y a cette chose qui lui est arrivée. L’amour.
À moins que ce ne soit l’humour. Les deux, peut-être.
Il y a surtout ce voyage dans les petites choses de la vie et cette expérience vertigineuse d’être là, tout simplement.
Un premier amour. Une sensation irrésistible et inexplicable ? Une intense expérience de sa singularité ? La traversée que nous propose Samuel Beckett a tout à voir avec ce trouble initiatique. Il met le spectateur en position de créateur, celui qui par les mots, va se dessiner une histoire, une existence. Il nous rappelle à quel point il est possible de jubiler de ces rapports directs et secrets avec les objets insignifiants qui composent notre quotidien, qui sont notre monde.

Informations sur le lieu

Salle Vicky Messica
Les Déchargeurs / Le Pôle
3, rue des Déchargeurs
RDC Fond Cour
75001 Paris

La presse en parle

Christophe Collin est un parfait personnage de Beckett. Souvent drôle. / L'Humanité - 19 juin 2017 - Gérald Rossi

Beckett affronte son incertitude d’aimer. Déroutant. / A nous Paris - 05 juin 2017 - Myriem Hajoui

Un spectacle brillant et une interprétation haute en couleurs. Un comédien impressionnant et juste. / Spectactif - 21/06/2017 - Frédéric Perez

Une extraordinaire performance d'acteur. / Atlantico - 21 juin 2017 - François Boursin

Distribution

Texte :
publié aux éditions
Mise en scène :
Comédien(s) :
Lumières :

Co réalisation Les Déchargeurs

Partenariat avec la Ville de Levallois (Résidence au théâtre Naldini).

Multimédia

 
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Notes & extraits

MOT DU METTEUR EN SCÈNE
Pourquoi Premier amour aujourd’hui ?
Parce que Samuel Beckett ouvre un espace vierge, à l’écart de la confusion générale dans lequel notre monde semble se débattre.
À cet endroit, l’homme retrouve la possibilité d’un rapport direct avec lui-même.
Dans un vide vertigineux, les mots font irruptions. La langue de Samuel Beckett bouscule les perspectives et le regard porté sur les choses du quotidien. C’est pour chacun l’occasion de réinvestir une écoute singulière, de débrider son imagination.
Le voyage proposé est libérateur. Nul besoin de se raconter des histoires, de s’accrocher à une quelconque idée de la relation amoureuse. Il y a dans le langage même de l’auteur une expérience charnelle. La beauté surgit du quelconque. Elle est jubilatoire.
Elle dissout tous les préjugés pour nous permettre d’épouser les questions premières : Qu’est-ce que ça veut dire qu’être là ? Qu’est-ce qui arrive ? Y aurait-il donc autre chose à vivre que le rapport à soi-même ? Que la liberté d’habiter un temps et un espace qui n’auraient rien à dire ?
Cette mise en scène est l’histoire d’une rencontre instantanée, évidente, entre un acteur, Christophe Collin, et une œuvre. L’écriture de Samuel Beckett est traversée comme une expérience totale. L’évidement que produit cette langue place l’acteur dans un rapport direct avec sa propre essence humoristique. Il n’a qu’à se réjouir de laisser aux mots le soin de tirer les ficelles. A l’image d’un Buster Keaton, il se met à l’unisson de la phrase d'Arnold Geulincx, grand inspirateur de Samuel Beckett : « Je suis surpris d’être en rapport avec un corps ».
Jacques Fontaine

EXTRAIT
Oui, je l’aimais, c’est le nom que je donnais, que je donne hélas toujours, à ce que je faisais à cette époque. Je n’avais pas de données là-dessus, n’ayant jamais aimé auparavant, mais j’avais entendu parler de la chose, naturellement, à la maison, à l’école, au bordel, à l’église, et j’avais lu des romans, en prose et en vers, sous la direction de mon tuteur, en anglais, en français, en italien, en allemand, où il en était fortement question.
Ce qu’on appelle l’amour, c’est l’exil avec de temps en temps une carte postale du pays, voilà mon sentiment ce soir.
Je connaissais mal les femmes, à cette époque. Je les connais toujours mal d’ailleurs. Les hommes aussi. Les animaux aussi.